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7 phrases que les grands-parents ne devraient jamais dire à leurs petits-enfants ?

7 phrases que les grands-parents ne devraient jamais dire à leurs petits-enfants
© blackCAT Getty Images

Publié le par Marion Bellal

En collaboration avec Pauline Dujardin (Psychologue clinicienne)

Certaines phrases prononcées par des grands-parents peuvent blesser leurs petits-enfants. Voici les conseils d’une psychologue pour comprendre ce qu’elles révèlent… et pourquoi il faut les éviter

L’essentiel

Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.

• Certaines phrases prononcées par les grands-parents, même avec de bonnes intentions, peuvent blesser l’enfant ou nuire à son développement (comparaisons, critiques intergénérationnelles ou familiales, secrets entre adultes et enfants).

Ce sont des liens précieux, qui nous apprennent tant sur le monde, la société et la famille… Pourtant, les échanges entre grands-parents et petits- enfants ne sont pas forcément toujours roses ! Points de vue incompatibles

en raison de la différence d’âge ou histoires de famille délicates, Pauline Dujardin, psychologue spécialisée en périnatalité, liste les petites phrases à éviter de la part des grands-parents, afin de préserver la relation entretenue avec son petit-enfant et le valoriser dans son individualité, ainsi que dans son environnement familial.

1. “Ah, ta génération, il lui faudrait une bonne guerre !”

Ah, le fameux “De mon temps” et ses dérivés, dits de façon dévalorisante, voire méprisante… Cette petite phrase incarne toutes les difficultés à se comprendre entre différentes générations. Or cette formulation du type “Il vous faudrait une bonne guerre” n’amènera rien de positif à l’enfant ou à l’adolescent et ne permettra pas d’échanger sereinement. L’enfant risque de se sentir blessé, puisque c’est toute la génération à laquelle il appartient qui est critiquée.

En revanche, les grands-parents peuvent transmettre une vision différente de la société de celle portée par l’enfant, grâce à leur passé, leur vécu et leur expérience. « Tout dépend du ton employé, mais un “De mon temps” peut tout à fait être positif s’il est prononcé sans aspect moralisateur, uniquement dans une dynamique de partage, de narration du passé », souligne Pauline Dujardin, qui encourage vivement les grands-parents à raconter leur enfance, leur adolescence et leur vie de jeune adulte à leurs petits-enfants.

La psychologue constate ainsi que les petits-enfants d’aujourd’hui débordent souvent de curiosité quant à la façon dont leurs grands-parents ont grandi et travaillé sans Internet ! « C’est sûr que la révolution numérique, comme la révolution industrielle, a créé un fossé démesuré entre ces générations », souffle-t-elle. L’idée est donc, en tant que grand-parent, de partager son expérience sans accuser l’enfant d’en vivre des différentes.

2. “Toi, au moins, tu viens me voir, c’est pas comme ton cousin…”

Bien sûr, quand on a plusieurs petits-enfants, il est bien difficile de s’empêcher de faire des comparaisons entre eux. Mais même si cette comparaison a vocation à valoriser le petit-enfant qui la reçoit, ce n’est pas forcément positif, alerte la spécialiste : « Ce genre de propos va sortir le petit-enfant de son rôle et le positionner comme un sauveur, ce qui n’est pas du tout sain pour son développement émotionnel. »

Évidemment, ce n’est pas mieux quand le petit-enfant qui reçoit ce type de discours est celui qui est critiqué ! Pauline Dujardin conseille aux grands- parents de s’abstenir de toute comparaison entre leurs différents petits- enfants, de façon à rassurer leurs petits-enfants sur le fait que leur amour est inconditionnel et peut être démultiplié !

3. “Tu es vraiment comme ta mère !”

De manière générale, l’un des rôles des grands-parents est d’être un pilier rassurant pour l’enfant dans son développement personnel. Mieux vaut donc se dispenser de toute comparaison qui laisserait entendre qu’il est le clone de son parent ou de son frère ou de sa sœur, etc. « Et ce, d’autant plus si c’est dit sur un ton dénigrant !, insiste la psychologue. J’incite vraiment les grands-parents à se positionner comme des adultes responsables, solides, pour le petit-enfant, et donc à faire preuve de maturité. » L’enjeu étant, tout simplement, de toujours penser au bien de l’enfant dans ses propos.

4. “La famille du côté de ton père, c’est pas joli-joli…”

On a tendance à l’oublier en tant que grand-parent, mais notre petit-enfant ne porte qu’un quart de notre héritage génétique (et culturel), et il est vivement recommandé de ne pas critiquer les trois autres parts ! « Il est fréquent que des petits-enfants confient une préférence pour une famille ou pour l’autre, mais en tant que grand-parent, le mieux est de se positionner comme une figure de conciliation et de paix et d’éviter de créer des conflits de loyauté chez l’enfant », explique Pauline Dujardin.

Si notre petit-enfant nous dorlote donc en nous disant qu’il préfère venir chez nous, plus que chez ses autres grands-parents, l’idéal est de lui expliquer que chaque famille et chaque foyer fonctionnent différemment et que c’est formidable qu’il aime la nôtre, mais que c’est aussi sympa de partager ci ou ça avec ses autres grands-parents !

Bien sûr, ces recommandations ne concernent absolument pas les situations dans lesquelles un petit-enfant confierait se sentir mal à l’aise ou être victime de violences au sein d’une autre maison, que ce soit celle de ses parents, de ses autres grands-parents, d’oncles et tantes ou encore d’amis de ses parents.

Les grands-parents ne doivent pas rompre les règles éducationnelles transmises par les parents, même si ils n’en pensent pas moins !

Pauline Dujardin
psychologue

5. “Ta mère m’a dit de ne pas te laisser ta tablette après 20 heures, mais ce sera notre petit secret…”

Cette formulation soulève deux problématiques, selon la psychologue : l’éducation voulue par les parents est critiquée et le secret envers eux est encouragé.

Concernant le premier point, Pauline Dujardin indique bien qu’il « est néfaste pour le développement de l’enfant de rompre les règles éducationnelles transmises par les parents, même si on n’en pense pas moins ! » À l’inverse, le mieux est que les grands-parents protègent la relation entre leurs enfants et leurs petits-enfants, en expliquant que tout le monde fait du mieux qu’il peut et qu’il faut faire preuve de respect et de compréhension.

En outre, valoriser le secret envers les parents est loin d’être recommandé. On pense de façon évidente à des schémas de violence ou de harcèlement,que l’enfant a souvent d’autant plus de mal à confier à ses parents s’il a appris à leur cacher des petits éléments (anodins sur le moment) dans son enfance.

6. “Ton père était nul à l’école, et aujourd’hui, il a le culot de te demander de mieux travailler !”

De la même manière, afin de valoriser la relation entre parents et enfants, il vaut mieux que les grands-parents se gardent de critiquer leurs enfants devenus parents ! « Encore une fois, tout dépend de la façon dont les choses sont amenées. On peut tout à fait faire référence à l’enfance et à l’adolescence des parents si c’est pour en tirer une formulation positive qui va tirer le petit-enfant vers le haut, détaille Pauline Dujardin. Par exemple, on préférera quelque chose du type : “tu sais, pour ton père non plus ce n’était pas évident à l’école, mais regarde comme il est épanoui dans son travail aujourd’hui, c’est normal qu’il veuille le meilleur pour toi”. »

Il peut être très valorisant pour le petit-enfant de savoir grâce à ses grands- parents que son parent a traversé des épreuves similaires et s’en est sorti. Plus jeune, ce peut être également lui dire que son parent aussi a fait pipi au lit au même âge, que ça n’a rien de grave et que ça disparaîtra progressivement !

7. “Mais enfin, c’est quoi cette tenue ? !”

Dernier enjeu : les critiques sur le physique et l’apparence sont rarement saines ! Toutes les remarques sur le poids notamment, fréquentes au sujet des petites filles, sont extrêmement néfastes, même si on a l’impression qu’on valorise un modèle de beauté auquel elle appartiendrait en étantmince. Cela participe à promouvoir un système vecteur de troubles alimentaires.

Par ailleurs, les critiques sur la tenue, le maquillage ou l’apparence globale sont souvent liées à des différences générationnelles. « Personnellement, je pense à mon fils qui s’installe toujours, à table, à la gauche de sa grand- mère, pour ne pas qu’elle ait une vision directe sur sa boucle d’oreille à son oreille gauche et ne le critique pas ! Leur relation est pourtant tellement pleine d’amour, c’est dommage de se bloquer là-dessus », raconte Pauline Dujardin.

Encore une fois, l’enjeu est donc tout simplement de penser au bien de son petit-enfant, avant de se prononcer sur une tendance de mode qui ne nous plaît pas !