Voici 5 phrases à éviter pour ne pas transmettre notre anxiété à nos enfants

Publié le par Marion Bellal
En collaboration avec Pauline Dujardin (Psychologue clinicienne)
Aaaah, l’anxiété, ce fardeau qu’on se rejette de génération en génération ! Comment rompre le cercle et éviter de transmettre notre anxiété à nos enfants ? Voici les 5 phrases à éviter pour ne pas transmettre notre anxiété, décryptées par Pauline Dujardin, psychologue.
L’essentiel
Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.
• Certaines phrases du quotidien, comme “Ne cours pas !” ou “Dépêche-toi !”, peuvent transmettre notre propre anxiété aux enfants. Mieux vaut utiliser des formulations positives, descriptives et rassurantes.
• Laisser trop de liberté (“Fais ce que tu veux”) peut aussi être source
L’anxiété, c’est ce mélange diffus de peur, d’inquiétude, de crainte, qui fait battre notre cœur trop vite, nous noue le ventre et dérègle notre respiration… Un état psychologique qu’on peine à contrôler et qu’on aimerait bien éviter de transmettre à nos enfants ! Or certaines phrases, prononcées régulièrement, sont idéales pour la propager.
« Ce qu’on transmet à nos enfants, ce sont nos modèles internes opérants, comment on s’est construit », explique Pauline Dujardin, psychologue. Il est bien difficile de les interroger et d’en sortir sans un accompagnement psychologique, mais voici déjà une première approche de la transmission de l’anxiété grâce à ces 5 phrases décryptées par la spécialiste
Attention, ne cours pas, tu vas tomber ! »
De manière générale, quand on parle à notre enfant, mieux vaut éviter les phrases négatives de ce type. En effet, un petit, quand on dit “ne cours pas”, retient essentiellement “cours” ! Pauline Dujardin conseille de privilégier des mots descriptifs, plus que projectifs et des formulations sans négation. Plutôt que “tu vas tomber”, on opte donc pour “le sol est glissant” et “tu devrais ralentir”, à la place de “ne cours pas”.
« Le monde est dangereux / fou / méchant »
Bien sûr, le but n’est pas de présenter à notre enfant un environnement sans danger, où tout le monde serait bienveillant. Mais l’extrême inverse n’est pas sain non plus. « Quand on parle de la transmission de l’anxiété, l’enjeu est, en soi, la transmission de nos insécurités. Prudence donc avec les discours qui ressassent les risques », indique la psychologue.
De même, il est vivement déconseillé de regarder des chaînes d’informations en continu alors que des enfants sont avec nous, voire simplement dans la pièce. Celles-ci sont « en boucle sur les évènements atroces et mettent le faisceau uniquement sur les informations dramatiques », constate la spécialiste, ce qui est très anxiogène pour un enfant (et pour un adulte !).
« Ne pleure pas, ce n’est rien »
Ne pas laisser notre enfant exprimer ses émotions et les nier ne peut que développer de l’anxiété dans son petit être. Pour éviter de transmettre son anxiété, on évite donc de prononcer régulièrement des phrases de type “ne sois pas triste” ou “ne ris pas si fort”, notamment lorsqu’ils sont liés à des stéréotypes de genre, à l’instar des traditionnels : “un garçon, ça ne pleure pas” et “une petite fille en colère, c’est vilain”.
« Dépêche-toi »
On ne le nie pas, notre société favorise le fait d’avoir un emploi du temps très chargé et de courir partout… Toutefois ce n’est pas l’idéal pour un enfant ! Mieux vaut donc prévoir un peu de marge, une respiration, et faire en sorte que notre enfant n’ait pas à se dépêcher, en le réveillant un peu plus tôt par exemple.
Si on a vraiment besoin que notre petit se dépêche, Pauline Dujardin conseille de privilégier des formulations de type “Je vais t’aider à nouer tes lacets pour aller plus vite”, plutôt que “dépêche-toi de mettre tes chaussures”.
« Fais ce que tu veux »
Nous avons la chance d’évoluer dans un environnement qui peut engendrer diverses opportunités pour nos enfants, quant à ses loisirs, son apparence, ses perspectives sociales et professionnelles… Cependant, Pauline Dujardin a pu constater que laisser toutes les portes ouvertes n’est pas forcément la meilleure formule pour nos petits, qui peuvent développer de l’anxiété face à des choix infinis qu’ils ne parviennent pas à visualiser.
Les formulations de l’ordre de “Fais ce que tu veux” sont donc contre-intuitives. Elles ont beau nous sembler très positives et à valoriser, elles peuvent susciter une angoisse importante chez nos enfants, voire nos adolescents. La psychologue conseille aux parents d’axer leurs formulations vers quelque chose de plus rassurant et sécurisant. « Le but, c’est de se présenter un peu comme un porte-avions pour notre enfant, sourit-elle. On lui explique qu’il peut faire ci, faire ça, choisir ce chemin ou un autre, mais que dans tous les cas, nous, nous serons toujours là. » Eh oui, protéger notre enfant, sans le mettre sous cloche : c’est peut-être le plus grand défi de l’éducation !